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Filmer à 200mm… à main levée. Possible ?

En vidéo, comme en photo, il existe des contraintes qui se sont parfois transformées en règles absolues. Parmi celles-ci, l’une consiste à considérer que toute prise de vues avec une focale de 200mm exige l’usage d’un trépieds. L’utilisation d’un monopode pouvant éventuellement palier à l’absence de pied…

Pourtant, les nouveaux outils de production (caméras, logiciels de montage,…) sont aujourd’hui bardés de fonctions très efficaces quand il s’agit de stabiliser un plan. Alors pourquoi ne pas tenter l’expérience… à main levée ?

De passage à Londres, je me lance donc un triple défi :

  • Déambuler 1 heure dans Notting Hill, équipé d’un EOS R lui-même flanqué du Canon EF 70-200mm F/2.8 L IS USM III.
  • Réaliser 100% des plans à main levée
  • N’utiliser aucune stabilisation en dehors de celle que propose l’objectif (pas de stabilisation au niveau de l’appareil ni en postproduction).

Je vous laisse découvrir le résultat en vidéo !

Pour compléter ce test, j’ajoute ici quelques commentaires concernant l’expérience globale autour de ce Canon EF 70-200mm f/2.8L IS USM III.

LE SET UP

  • EOS R + grip batterie
  • Demie-cage Smallrig
  • Poignée gauche bois Smallrig
  • Micro Rode VideoMic pro II
  • Atomos Ninja V
  • Canon EF 70-200mm f/2.8L IS USM III
  • Adaptateur RF vers EF avec filtre ND intégré

L’ensemble de ce kit, reconnaissons-le, est assez volumineux et lourd. Mais pour des raisons évidentes d’équilibre et de prise en main, il est difficile d’imaginer une simple association boitier + 70-200mm pour une séance à main levée…

L’ensemble est finalement agréable, permettant une prise en main stable et relativement confortable. Il ne faut cependant pas se gêner pour utiliser toute forme de support dégotée sur les lieux du tournage : garde-corps, muret, arbre, etc. Quant aux mouvements (panneaux, traveling), il faudra se contenter de ceux des bras systématiquement associés à une petite apnée entre 2 pressions REC !

Sur les images ci-dessus, je ne fais appel qu’à la stabilisation interne de l’objectif. Je n’ajoute pas de stabilisation digitale qui est pourtant disponible dans l’EOS R. Je n’ajoute pas non plus de stabilisation en postproduction même si cette fonction est plutôt efficace dans FCPX.

LE RÉSULTAT

Je suis assez satisfait du résultat final même si certains défauts me gênent. Certes, j’ai réussi à sortir une séquence assez stable mais j’ai eu plus de mal à garder l’horizon. Peut-être parce que c’est un outil (horizon électronique) que je n’utilise pas sur l’Atomos Ninja V (je ne sais même pas si la fonction existe). Bref ! Ce manque d’horizontalité est visible. J’aurais pu zoomer un peu dans l’image pour rectifier cela au montage. Mais ayant tourné en 1080p, je ne voulais pas détériorer l’aspect final…

CONCLUSION

On peut filmer à main levée avec un 70-200mm poussé à fond de zoom ! Les plans sont largement exploitables si on prend soin de filmer avec une fréquence d’images élevée qui autorisera l’usage du ralenti.

Ce Canon EF 70-200mm f/2.8L IS USM III est une bête de course qui m’a permis de ne jamais user des ISO pour récupérer un peu de lumière. Tout est tourné à f/2.8 à 400 ISO malgré des paramètres contraignants à savoir une fréquence de 50im/s et un shutter à 1/100ème.

L’EOS R est également compatible avec le Canon RF 70-200mm qui est mieux stabilisé, plus court et plus léger. Mais la version EF, moins chère, est compatible avec le porte filtre interne qui apporte une énorme plus-value à l’ergonomie d’un boitier photo en mode vidéo. Donc, pas de regret !  De surcroit, il faut retenir que si la version EF est compatible avec l’ensemble des boitiers du marché, la version RF ne montera que sur les appareils de la gamme R (Eos R, Ra, RP et bientôt R5 et R6) tout juste naissant.

NOTE : Si vous aimez ce genre de test terrain, n’hésitez pas à vous abonner à la chaîne Youtube Olivier Joseph Maurice !

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